
Les Coptes
Les Coptes
Richard Lebeau
Le christianisme arriva de bonne heure en Egypte. Selon la
Tradition, l'évangéliste Marc prêcha à Alexandrie vers l'an 40. Il
Convertit, en 45, un cordonnier juif du nom d'Annianus qui souffrit
le martyre en 62. Il est impossible de savoir jusqu'où la tradition
et l'histoire font bon ménage. Les historiens s'accordent pour
Dater de l'an 100 les vieux fragments de textes chrétiens
Retrouvés dans la cité.
La communauté était organisée sous l'autorité d’’ un pasteur » ou
Évêque qui prit bientôt le titre de patriarche et nomma des évêques
Ailleurs en Egypte. Les centres les plus anciens furent d'abord l'oratoire de
Saint Marc qui s'élevait près du rivage et fut plus tard agrandi pour
Devenir une cathédrale.
La religion pharaonique comportait des éléments qui
Pouvaient paraître similaires à certaines affirmations du message
Évangélique, telles les célébrations annuelles de la reconstitution par Isis
Du corps démembré d'Osiris. On accepta, on admit ce Christ, dieu
Sauveur, qui rappelait un peu Osiris, mais dans la confusion. Certains
Milieux grecs et romains avaient ainsi adopté la momification. Devenus
Chrétiens, ils continuent de se faire momifier et gardent la coutume de
Peindre le monogramme du Christ à côté des signes d'Osiris sur leur
Sarcophage !
ہ Alexandrie du 2è siècle, selon l'expression d'un auteur
Contemporain, « les religions sont aussi variées que les négoces, les gens
à la mode changent de dieu comme ailleurs de médecin ». Les Chrétiens
N’y représentent qu'une obscure secte, difficilement repérable si l'on en
Croit l'empereur Hadrien (†138) : « on y voit, écrit-il, des évêques qui se
Disent chrétiens rendre un culte à Sérapis. Pas un prêtre, samaritain, juif
Ou chrétien, qui ne soit mathématicien, haruspice ou alipte (maître
D’école). Le patriarche lui-même, quand il vient en Egypte, adore le Christ
Et Sérapis pour contenter tout le monde ». ةtranges chrétiens, parmi
Lesquels il est difficile d'entrevoir les « vrais », noyés au milieu d'une
Profusion de gnostiques, de marcionistes, d'encralites, etc, qui tous se
Revendiquent du Christ.
Heureusement en 190, Pantène, un érudit converti à l'Evangile,
Fonda le Didascale (école de catéchèse) à Alexandrie. Cette école, vite
Devenue le plus important centre d'étude du christianisme dans
L’Antiquité, enseignait la théologie, les sciences, les mathématiques et les
Lettres. Les successeurs de Pantène, Clément d'Alexandrie (160-215) et
Origène (185-253), un théologien regardé comme l'un des plus influents
Apologètes des débuts du christianisme, critiquèrent avec virulence le
Mouvement gnostique et autres sectes hérétiques.
La religion du Christ vit ses débuts dans la clandestinité : les
Premières églises se dissimulent dans les maisons. Tant que l'ordre public
Règne, le pouvoir laisse faire ... jusqu'au règne de Trajan, qui fait du
Christianisme un délit, du fait de son hostilité au culte impérial. Les
Persécutions des Chrétiens vont s'étendre de 64 à 313. Mais l'autorité
Romaine ne s'est pas acharnée contre les disciples du Christ sans relâche.
Les moments de tension alternent avec les accalmies. Après le règne de
Néron (64), il faut attendre le règne de Septime Sévère, en 202, pour
Assister au véritable début des persécutions. Mais une des plus terrible
Épreuves que la jeune église ait eu à subir reste à venir : la persécution
Systématique décrétée par Dioclétien. En 284, l'évêque historien Eusèbe
De Césarée signale, jusque dans les villages les plus reculés de Haute Egypte, des exécutions en masse et des massacres si horribles que les
Coptes date leur chronologie de l'an 284. Ces temps difficiles prennent
Fin en 313, lorsque par l'édit de Milan Constantin oblige Païens et
Chrétiens à vivre ensemble. Cette coexistence tournera vite à la
Prédominance des derniers, puis à l'interdiction du paganisme en 392 par
L’empereur Théodose.
Cette évangélisation des anciens sujets de Pharaon ne prit
Pas pour modèle les principes de l'ةvangile. En 391, les Chrétiens
Alexandrins entreprennent la purification religieuse de la cité d'Alexandre.
Ils brisent la statue de Sérapis, oeuvre du célèbre sculpteur athénien du
4è siècle av JC Bryaxis. Pas encore assouvis, ils incendient son temple,
Symbole de la ville, le monument le plus imposant de l'Empire après le
Capitole. Au même moment, ou presque, à Akhmin, petit village de Haute
Egypte, un incident, relaté par le « père abbé » Chenouti dans l'un de ses
Sermons, éclate à propos d'une statue qui rend des oracles et autour de
Laquelle les Païens continuent de se rendre. Arrive Chenouti et ses moines,
ils renversent l'idole, la mettent en pièces. Des bagarres s'ensuivent ;
Elles se terminent par le pillage et l'égorgement des habitants, pour s'être
Opposés aux moines. Chenouti écrit même : « on n'entendit plus parler
D’eux, et leurs ossements, après leur massacre, ont été jetés aux vents.
On les a brûlés à cause de leurs insolentes paroles, pour avoir maudit les
Serviteurs de Dieu et blasphémé le Christ en personne. » C'est ainsi que,
Bien souvent, les villages égyptiens se convertirent.
Le rayonnement de l'Eglise copte ne mit fin ni aux hérésies,
Ni aux luttes de factions. Les disputes théologiques qui avaient marqué
Les débuts du christianisme reprirent de plus belle à partir du 4e siècle. Les
Controverses avaient pour centre la tentative de définition de l'Incarnation
: Si Jésus était à la fois Dieu et homme, possédait-il deux natures ? Dans
Ce cas, quelles relations entretenaient-elles entre elles ? Les principaux
Protagonistes dans la querelle étaient alexandrins Arius (père de
L’arianisme) et les monophysites, conduits par Alexandre, évêque
D’Alexandrie. Arius soutenait « qu'un temps existait ou Lui n'existait
Pas », c’est-à-dire que Jésus était d'une nature différente de celle de Dieu.
Quant aux monophysites, ils considéraient cette théorie comme une
Reconnaissance de deux dieux, donc d'un retour au polythéisme. Ils
Croyaient que Dieu le Père et Jésus son Fils participaient d'une seule et
Même nature.
La gravité et la confusion du débat obligent Constantin à y
Intervenir. Afin de définir un dogme officiel, l'empereur réunit en 325,
318 évêques en concile à Nicée. C'est le premier concile, au sens
Technique du terme, de l'histoire de l'Eglise. Alexandrie avait envoyé son
Évêque Alexandre ; son diacre Athanase ; leur antagoniste, Arius. Grâce à
Son éloquence, ce dernier triompha en 325 au concile de Nicée, car, en
Bon théologien il savait reconnaître la vérité, et en bon politicien il savait
Comment la faire appliquer : dans la controverse il a gagné le titre de
Patriarche et l'aura de docteur de l'ةglise universellement reconnu et
Canonisé. Il est à l'origine de l'acceptation de la doctrine de Nicée -qui
Reconnaissait que le Fils de Dieu est « de même nature » que le Pèrecomme
Dogme central de la théologie chrétienne. Pour commémorer son
Nom à Alexandrie, on a construit à Alexandrie une vaste église, à l'endroit
Occupée aujourd'hui par la mosquée Attarine. Arius fut déclaré
Hérétique et ses livres brûlés.ةéphémère victoire ! Athanase est déposé par des partisans d'Arius,
le christianisme alexandrin voit alors ses églises ravagées par des factions
Opposées et le célèbre Didascale détruit. Alexandrie entre en guerre de
Religions. En 451, le concile de Chalcédoine proclame une nouvelle
Définition du dogme celle de la double nature (divine et humaine) du
Christ "convergeant en une seule personne ». L'évêque égyptien refuse
Cette nouvelle mouture christologique, ils s'en tiennent à celle de Nicée.
Aux yeux de Byzance et de Rome ils seront des hérétiques, des
Monophysites. Le peuple égyptien se solidarise avec ses évêques. La terre
Des pharaons sort de ce concile monophysite, avec une véritable papauté
À sa tête soucieuse de soustraire l'Orient à l'influence du pape et au
Pouvoir de l'empereur. Rome et Byzance ne viendront à bout de la
Résistance d'Alexandrie qu'après un massacre et un pillage de la cité.
Le titre de gloire du christianisme égyptien s'inscrit dans le
Renoncement au monde et dans la fuite au désert. Dans la cohorte
Innombrable de ceux qui ont préféré le désert à la ville, Antoine (v 235 - v
341) et Pacôme (v 286 - v 346) figurent parmi les premiers et les plus
Grands chefs spirituels de l'Eglise, comme fondateurs du monachisme
Chrétien. L'archéologie a révélé la présence d'une énorme concentration
Monastique au 4e siècle dans l'oasis de Kharga, dans le désert occidental,
Et d'une nécropole, à Bagawat, contenant plus de deux cents chapelles.
L'Ouadi Natroun, récemment redevenu un centre monastique, regroupa à
Une certaine époque jusqu'à cinquante monastères, abritant plus de cinq
Cents moines. ہ l'est de celui-ci, aux Kelia, on trouve plus de sept cent
Cinquante ermitages abandonnés, datant du 5ème siècle environ.
Lorsque les Arabes conquièrent l'Egypte, en 639, ils entrent
Dans un pays chrétien. Le calife Omar, successeur de Mahomet à la tête
Des Croyants, recommande d'abord à ses troupes de "laisser l'Egypte telle
Qu’elle est", puis il exige ensuite des chrétiens l'impôt spécifique du
« dhimmi » (protégé), dû par les sujets vaincus adeptes d'une religion
Révélée, car « les Coptes ont été conquis par la force des armes et se
Trouvent placés sur le même rang que les esclaves. » L'islamisation et
L’arabisation ne se firent que lentement : il faut attendre le 11e siècle pour
Que les Chrétiens ne deviennent qu'une minorité tolérée, celles des
« dhimmis ». Là, s'achève l'histoire de l'Egypte copte, et commence celle
des « dhimmis ».
La tolérance du « dhimmi » est en droit restrictive : liberté de culte
Reconnue, mais interdiction de réparer les sanctuaires, récusation de
Témoignages chrétiens contre des musulmans, surveillance
Gouvernementale des synodes épiscopaux, charges civiles confiées à de
Nombreux coptes, mais rarement aux postes supérieurs. « Ces mesures
Ont provoqué un regard constant sur les Coptes, un regard hiérarchisant.
Le plus riche des Coptes n'étant qu'un infidèle aux yeux du plus pauvre
des musulmans », analyse Mr Decobert, un orientaliste membre de l'IFAO
(Institut Français d'Archéologie Orientale, abrité dans un ancien palais du
Caire). Une analyse juste si l'on croit le grand historien musulman
Médiéval Makrizi lorsqu'il relate une scène qui se déroula en 1012, dans le
Palais du sultan Hakim au Caire. On y voit une longue suite de notabilités
Coptes « marchant, nu-tête et nu-pieds, demandant pardon et pleurant,
Baisant la terre jusqu'à ce qu'ils fussent arrivés au palais. Ils remirent une
Pétition à un courtisan pour implorer la clémence de Hakim, qui,
Finalement, leur déclina des lettres de sauvegarde. » Car tel était, ce jourlà,
Son bon plaisir.
Désormais minoritaires, les Coptes restent tout de même une
Réalité. De nos jours, le visage copte de l'ةgypte n'apparaît que
Progressivement aux yeux du voyageur. En circulant dans les villes et
Dans certains villages, il apercevra la croix surmontant deux clochers
Jumelés. Le dimanche des Rameaux, les palmes portées dans les rues
Signalent une densité de chrétiens que l'on n'avait pas soupçonnée au
Premier abord. Pour se distinguer des musulmans, les Chrétiens ont une
Croix tatouée sous le poignet. Les Coptes se rencontrent dans les villes et
Dans les villages. Certains quartiers du Caire, comme Choubra, en abritent
Beaucoup. En Haute Egypte, dans la région de Minieh, Assiout, Louxor et
Tout le long de la Vallée du Nil, ils sont très nombreux.
Combien sont-ils ? Les statistiques gouvernementales donnent un
Chiffre voisin de 7% de la population, soit environ trois millions et demi,
Pour une population de cinquante-trois millions d'âmes. Ce chiffre est un
Minimum, contesté. « Le Figaro » du 6 avril 1976 titrait un article, lors de
La visite d'Anouar el-Sadate au Vatican : « Six millions de chrétiens ».
Minoritaires les Coptes ont besoin, de temps en temps, d'affirmer leur
Présence, car, tout au long de l'année, ils doivent être discrets. Lorsqu'un
Chrétien passe à l'islam les musulmans le fêtent, le promènent dans les
Rues. Le passage en sens contraire est extrêmement rare et très mal
Accueilli.
Aussi, lorsque les Coptes peuvent proclamer publiquement
Leur foi, ils le font avec exubérance. Les pèlerinages sont pour eux des
Occasions uniques de manifester leur différence. Citons seulement ceux de
Sitti Damiana, dans le Delta, au nord-ouest de Mansourah, ou encore ceux
De qui conduisent à des sanctuaires de la Vierge Marie en plusieurs
Endroits, notamment à Deir Dronka, près d'Assiout le 22 août, ou au Deir
El Moharrak, douze jours avant la fête du 26 juin et bien d'autres.
Sacrifices d'animaux, baptêmes, chants, processions, une vie
Extraordinaire se dégage de ces manifestations hautes en couleurs : les
Fidèles campent sur place, dorment dans l'église, etc. Vers 1950 encore,
Les Chrétiens de Mit Gham naviguaient sur le Nil en barques portant des
Croix lumineuses la nuit, pour se rendre à un pèlerinage voisin, fin août.
La communauté copte a conquis une relative égalité, non
Sans mal, avec l'entrée de la modernité dans la Vallée du Nil. Le
Progrès prit d'abord les traits de Bonaparte, qui débarqua en Egypte en
1798. Politique, le général français se prétendit musulman. Le pays des
Pharaons valait bien « une chahada » (profession de foi islamique) :
« N’est-ce pas nous qui avons détruit ce pape (romain) disant qu'il fallait
Faire la guerre aux musulmans ? N'est-ce pas nous qui avons détruit les
Chevaliers de Malte, parce que ces insensés croyaient que Dieu voulait
Qu’ils fissent la guerre aux musulmans ? » lança-t-il dans une mosquée. Il
Écrivit, aussi, au cheikh El-Messini ces mots : « j'espère que le moment ne
Tardera pas où je pourrai établir un régime uniforme fondé sur les
Principes de l'Alcoran, qui sont les seuls vrais et qui peuvent seuls faire le
Bonheur des hommes ». Il déclara même à ses lieutenants : « n'hésitez
Jamais à donner toujours aux musulmans la préférence sur les
Chrétiens. » Opportunité, que ne ferais-tu pas dire ...
Ce n'est qu'au 19e siècle que les lois égyptiennes ont reconnu
Aux coptes les mêmes droits et devoirs qu'aux musulmans. Les
Chrétiens ne prenaient pas part au gouvernement, ils n'étaient pas
Membres des conseils provinciaux. Leur éligibilité ne date que de 1866.
Sous le Khédive (vice-roi, pacha) Sa'id, la capitation fut supprimée
(1855). Ils furent astreints au service militaire, au même titre que les
Musulmans, en 1856. Avec les conceptions modernes de l'Etat, ils ont
Alors tous espéré que désormais ils seraient intégrés à part entière. Ils
Aspirent à l'égalité. Beaucoup d'entre eux s'engagent dans les
Mouvements nationalistes du début de ce siècle.
Deux faits illustrent cette course à l'intégration. Lorsque les
Manifestations parcoururent les rues du Caire en 1919, la mosquée d'Al-
Azhar servit de lieu de rassemblement aux coptes. Parmi les Chrétiens,
Abuna Sergios, prit la parole dans la mosquée. Les Anglais, en
Représailles, fermèrent Al-Azhar. Il ouvrit les portes de son église aux
Manifestants, chrétiens et musulmans. Cheikhs et prêtres y prirent la
Parole, à chacun leur tour.Sept mois après l'arrestation des principaux
Chefs du Wafd (le parti nationaliste opposé à la présence britannique en
ةgypte), parmi lesquels figuraient des Coptes, et leur déportation qui
Suivit, un notable chrétien Wassigny Ghali écrivit, en juillet 1922, un
Manifeste politique pour la formation d'un nouveau Wafd. Arrêté, il fut
Condamné à mort par les Anglais avec six autres Egyptiens, puis leur
Peine commuée en travaux forcés sous la pression internationale. Sur les
Sept condamnés, quatre étaient coptes.
Le romancier musulman Naguib Mafouz (Prix Nobel de littérature
1988) évoque dans l'un de ses romans la position des Coptes dans la lutte
Pour l'indépendance. Il fait dire, 1938, à un Chrétien, ami de son héros
Kamal, pourquoi les coptes adhèrent au Wafd : « C'est le parti du
Nationalisme, qui veut faire de l'ةgypte une patrie libre pour les Egyptiens,
Sans différence de race et de religion ». ہ l'imitation des intellectuels
Chrétiens syriens, les jeunes coptes jouent un rôle dans le Wafd. Cette
Participation liquidait plusieurs siècles de subordination et le complexe de
La protection accordée au « dhimmi ». Suprême récompense, et
Reconnaissance, pour les Coptes : en 1908, le premier ministre égyptien
Est copte, il n'est autre que le grand-père du futur secrétaire-général de
L’ONU. Hélas assassiné deux ans plus tard sous les balles d'un musulman
Fanatique.
Les Britanniques quittent l'ةgypte en 1944. Depuis cette date,
Le nationalisme a réalisé la plupart de ses objectifs. Mais ces succès mirent
À l'ordre du jour le problème des minorités : les militants devenus
Hommes d'ةtat, les combattants de l'indépendance retrouvèrent les
Réflexes du groupe religieux. « Depuis Nasser, les Coptes ont dû se
Contenter de deux ministres nommés à des postes généralement
Subalternes, d'un ou deux gouverneurs sur les vingt-six que possède
L’Egypte et d'une dizaine de députés nommés au Parlement (sur 458)
Alors qu'ils sont les égaux des Musulmans selon la Constitution" constate
A Buccianti. Aujourd'hui la nouvelle vigueur de l'islam, son prosélytisme et
Ses velléités d'unification législative (volonté d'appliquer à tous le droit
Islamique) sont ressentis par les Coptes comme une menace injuste. La
Réaction des Coptes s'exprime par l'approfondissement de leur foi :
Participation liturgique intense, multiplication par dix du nombre des
Vocations dans les monastères.
Ainsi au Ouadi Natroun, le monastère de Saint Bichoï. Une petite
Porte, cintrée, s'ouvre sur le Paradis, quittant la fournaise désertique, on y
Trouve la fraîcheur, des oiseaux et des arbres. Une oasis monastique. Le
Désert est redevenu le domaine des « hommes ivres de Dieu ». Des
Moines barbus, en robe de bure noire, y mènent un combat perpétuel
Contre les sables. Il abrite, maintenant, une bonne centaine de moines,
Alors qu'on en comptait tout juste six, il y a vingt ans. Les temps anciens
Ne sont plus qu'un pieux souvenir. ہ côté des inévitables icônes, on peut
Déambuler dans une imprimerie ultramoderne, parmi des viviers artificiels,
Contempler des poules en batteries avec trieuses automatiques, en plein
Désert. « C'est le rôle du moine, dit l'un d'entre eux, ancien ingénieur, de
Prouver que l'on peut prier en faisant toutes les occupations de l'homme
Du 20e siècle ».
Mais la reconquête de ces identités concurrentes implique
L’affirmation des droits communautaires : il faut aménager la coexistence,
Obtenir l'égalité, et d'abord une participation raisonnable aux charges du
Pouvoir.
Un grand pas a été fait lorsque Anouar el-Sadate nomma un officier
Copte à la tête de la IIe armée, en 1973. Mais les marques de la
Supériorité islamique ne sont pas encore effacées. Par exemple : le statut
Matrimonial contraint le mari chrétien d'une femme musulmane à se
Convertir, et l'épouse chrétienne d'un musulman à élever ses rejetons
Comme de bons disciples du Prophète.
La coexistence reste encore difficile, car « les Coptes sont
Devenus la cible des islamistes extrémistes depuis les années 70"
Explique A Buccianti, correspondant du « Monde », un bon connaisseur de
L’Egypte moderne. La coexistence reste encore difficile. Les événements
De 1981 en témoignent. ہ Zaouiya al-Hamra, une querelle de voisinage a
Fait une centaine de victimes, principalement coptes : leur projet était
D’édifier une église ... Et plus récemment encore, le 25 septembre 1991,
Une centaine d'intégristes musulmans ont attaqué des Coptes et brûlé
Deux églises à Embaba, l'un des quartiers populaires du Caire.
Aujourd'hui, les coptes gardent un attachement viscéral à la terre de leurs
Ancêtres. Leur fidélité religieuse est également remarquable. Dignes
Descendants des « plus religieux d'entre les hommes » (Hérodote,
Histoires II, 32), ils puisent dans cet équilibre leur fidélité à leur foi et à
Leur pays.
Histoire d'un mot :
Les Grecs, au 8e siècle av JC, pour désigner les habitants de la vallée
Du Nil se servirent du nom prestigieux du temple de Memphis, dédié au
Dieu Ptah (Het-Ka-Ptah = temple du ka de Ptah), d'où ils tirèrent Aiguptoi
= Egyptiens. Les Romains, derniers occupants, transformèrent Aiguptoio
En Aegyptii.
La désignation des Egyptiens resta sans changement jusqu'à la
Conquête arabe (641). Les textes administratifs, élaborés par les
Conquérants, en arabe, ont logiquement distingué ces derniers et les
Autochtones, les Egyptiens. L'arabe n'écrit pas les voyelles, ne fait
Commencer une syllabe que par une consonne et ne connaît pas le p ;
Aiguptoï allait devenir QBT, QBT = les Coptes.
Ce mot, à la même époque, subissait un changement de
Signification. Les Arabes, musulmans, l'employèrent pour désigner non
Plus les Egyptiens, mais les Chrétiens d'ةgypte. D'un sens ethnique, il
Prenait un sens religieux. Enfin, en Occident, aux 16è - 17è siècles, le mot
copthe devenait copte.
L’association des Coptes de France
L’association des Coptes de France, fondée en 1992, est une association laïque.
Son activité se dirige vers le domaine culturel, les droits de l’homme et veille surtout à sensibiliser l’opinion européenne sur l’état et la situation dramatique des Coptes d’Égypte, un peuple pris en otage par la tyrannie du dogme de l’Islam fondamentaliste qui en effet dirige tout l’appareil de l’État Égyptien. L’Égypte fait partie du partenariat européen sous la condition des États qui respectent de façon fondamentale tout les traités décris qui concernent la question des droits de l’homme.
Le 29 Novembre 2003
L’association des Coptes de France organise sous le haut patronage de Mr Patrick BLOCHE (Député de Paris), un colloque sur le thème : - "Les Coptes dans l’histoire de France" dans la salle Victor Hugo – immeuble Jacques, Chaban Delmas, Assemblée National."
Les intervenants dans ce colloque :
Le 5 Mai 2006
A l’Auditorium de l’Hôtel de Ville, l’association des Coptes de France organisait un colloque sur le thème : - "Les Coptes : un combat pour les droits de l’homme."
Ce colloque fut organisé sous le haut patronage de Mr Patrick BLOCHE (Député de Paris, Président du Groupe Socialiste et Radical de Gauche au Conseil de Paris).
Les intervenants :
Le 14 Septembre 2001 à l’UNESCO
Une soirée titrée le "NIL ÉTERNEL" (musiques, chants, poésies du temps des Pharaons à nos jours). Cette manifestation culturelle était sous le haut patronage de Mme Nicole FONTAINE (Présidente du Parlement Européen) et sous le parrainage de Mr Patrick BLOCHE (Président du groupe d’Amitié France-Égypte à l’Assemblée Nationale), Mr Patrick DEVEDJIAN (Député Maire d’Antony), Mme Marie-Hélène RUTSCHOWSCAYA (Conservatrice en chef chargée de la Section Copte département des Antiquités Égyptienne du Musée du Louvre).